version pdf

« C’est pour la liberté que Christ nous a libérés ! »

(Galates 5:1)

 

Introduction

 

Issue du salut en Jésus-Christ, propagée par les Réformateurs, la liberté chrétienne a un chemin tracé. Elle n’est pas un produit à usage multiple au bon plaisir de son employeur. Tandis que l’être humain l’interprète, et s’en sert selon ses besoins, elle demeure la priorité de Dieu. Enviée, copiée, prise en otage, elle est alors détournée de son but initial : être une libre attestation de la gloire de Dieu. Ne sommes-nous pas créés pour adorer ? Le nombre d’idoles en tout genre, jusqu’à sa propre personne, atteste ce besoin.

 

La liberté que Jésus-Christ propose est essentiellement la délivrance de l’esclavage du péché, et la transformation progressive de la nature humaine ainsi créée. Les Ecritures présentent, en quelque sorte, une liberté conditionnée : N’étant plus soumis à l’obligation de faire ce qui déplait à Dieu, je reçois le pouvoir de me soumettre librement à lui, et de faire ce qui lui plait. « Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. » (Rom. 6:16)

 

L’apôtre Paul pose alors cette question : « Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? (Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair.) De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité, pour arriver [c’est demeurer dans] à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté. Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice. » (Rom. 6:18-20)

 

L’homme, avant toute chose, est un être religieux, le Créateur ayant mis la pensée de l’éternité dans sa conscience. « Dieu fait toutes choses bonnes en son temps; même il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin  » (3:11) C’est pourquoi Jésus dit que l’heure vient « où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car ce sont là les adorateurs que le Père demande. » (Jean.4:23) Que Jésus se présente comme étant l’envoyé du Seigneur, intrigue ses contemporains Qu’il présente Dieu comme son propre Père, irrite les théologiens. Mais qu’il prétende que l’Eternel recherche la communion des humains, qu’il la désire ardemment, voilà un message qui surprend.

 

Dieu demande, il insiste, mais il ne force pas, il n’use pas de violence. La liberté du choix est toujours respectée. Comme en français, le verbe grec « demander » peut avoir plusieurs significations Toutes signifient désirer avec force, rechercher dans le but de trouver. Remarquons que le verbe « (d)zeteo » peut avoir, selon son contexte, le sens d’exiger. Le verbe « implorer » est mentionné. Vous paraît-il excessif dans la pensée de Celui dont l’amour est tel, qu’il a sacrifié son Fils afin que le pardon et la réconciliation soient possibles ? N’est-il pas est écrit que « le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait des morts le

troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à

toutes les nations, à commencer par Jérusalem ? -- Vous êtes témoins de ces choses ! » (Luc 24:47,48) 

 

Dieu « ne portera atteinte à nos libertés » qu’en dernier ressort. Lorsque tout autre moyen de sauvetage aura échoué, il usera de sa liberté en vue de notre salut. Avec amour mais avec fermeté, il exigera. Dans son livre « J’ai demandé la guérison, j’ai reçu la grâce » Margaret James écrit : « Jusqu’où Dieu devra-t-il aller pour attirer votre attention ? Si Dieu doit choisir entre votre sécurité éternelle et votre bien-être terrestre, que choisira-t-il à votre avis ? Ne répondez pas trop vite, mais pensez-y … » Le péché étant entré dans le monde, il risque d’entraver le travail de l’Esprit saint et nous faire oublier que la liberté n’est pas synonyme d’indépendance, ni d’autonomie sous prétexte d’adaptation.

 

Même dans l’Eglise, la liberté peut servir notre volonté lorsque nous oublions qu’elle est un puissant témoignage de fidélité et de vérité face au prince du mensonge. Nous verrons  qu’elle est aussi un moyen de sanctification. Les Ecritures démontrent que le fait « d’être sauvé » ne supprime en rien l’obligation de veiller sur ce qui nous a été donné. Le Maître nous avertit : « Je viens bientôt ! Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. » (Apoc. 3:11)

 

Bien que le salut et la liberté fassent partie du don de Dieu, il m’appartient d’en faire bon usage. Au plan humain, il en est de même. Tout artiste, aussi doué soit-il, doit travailler ce qu’il a reçu pour ne pas le perdre. Combien plus les disciples ! La vérité à un prix. En fait, Jésus explique qu’il est le chemin qui conduit à la vie. « C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » (Jn 6)

 

Le don de Dieu a un prix. Certains, le trouvant trop élevé, renoncent et se privent de ses bienfaits, tandis que d’autres en bénéficient. Tout en sachant qui sont ceux qui ne croient point et qui est celui qui le livrera » Jésus poursuit : « C’est pourquoi je vous dis que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. » La vérité produit toujours une réaction d’acceptation, de rejet ou de contestation ! « Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirent et ne vont plus avec lui. Jésus demande à ses proches : « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répond : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru, et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu »

 

Jésus ne retient personne. Liberté et responsabilité obligent ! De plus, la réponse de Pierre nous indique clairement que l’essence même de notre foi, de notre espérance, de notre assurance demeure le Christ, le Saint de Dieu. Quel que soit le sujet d’étude proposé, ici la liberté, l’unique but est de découvrir la Personne du Fils, la volonté du Père et la communion du Saint-Esprit.

 

La liberté morale de pensées, de paroles et d’actions touchent aux domaines du caractère de la personne A la fois de la raison, des émotions, de ce qu’elle est au naturel, autant que ses acquis et son reçu. Tout cela compose sa volonté d’être, de paraître, en bref, de vivre !

Dieu nous offre d’opérer en nous un véritable miracle : un renouvellement de la pensée, un

équilibre des émotions. Une transformation de notre volonté sans enfreindre notre droit à la liberté. N’est-ce pas le mystère de la grâce ? Un rafraîchissement de l’âme dans nos déserts arides. Pour nous, « à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère : Christ en nous, l’espérance de la gloire. » Nous connaissons que nous demeurons en lui et qu’il demeure en nous, en ce qu’il nous a donné de son Esprit. »  (2 Cor. 5:5)

« Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. Seulement, au point où nous

sommes parvenus, marchons d’un même pas. » (Gal. 5:25-Phil. 3:16)

 

Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous!

 

(Apoc. 22:21)

 

 

Ouvrons la Bible, elle a une bonne nouvelle :

 

« C’est pour la liberté que Christ nous a libérés !  »

(Texte grec : Galates 5:1)

Cette phrase est fantastique ! Splendide ! Ne soutient-elle pas toutes les Révolutions ? Celle de mai 68, par exemple : Amour, paix, liberté ! ==  « Interdit d’interdire ! » Ils l’on dit, et crié dans les rues ! Cette nouvelle interdiction se nomme-t-elle « Liberté » ou « Tolérance absolue ? » Il faut donc une loi qui ressemble fort à une loi de démolition !

 

Quelques années plus tard, les mêmes proclamateurs reconnaissaient qu’une société sans loi, sans règles, risquait de tomber dans l’anarchie. Leur reconnaissance tardive n’a pas enrayé les désastres moraux, physiques et psychiques causés par cette descente aux enfers.

 

Mais, ne refermons pas notre Bible, car Dieu nous propose toujours de nous garder libre : Il nous offre par son Fils

 

Une loi d’amour nommée liberté !

 

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus parle de liberté. Il lit dans le livre du prophète d’Esaïe, les paroles qu’il va s’attribuer : « L’Esprit du Seigneur, l’Eternel, est sur moi, car l’Eternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux. Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance … » (Es. 61:1)

 

Paul écrit  aux Corinthiens : « Le Seigneur c’est l’Esprit ! Là où est l’Esprit du Seigneur, là est liberté. » (2/3:17) Jacques est donc logique : « Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté …  étant libres, ajoute Pierre, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu. (Jn. 2:12-1 P.2:16)

Quelques évidences sont à garder à l’esprit : Le but, la raison, et la manière de ce qui est dit. La valeur des mots employés. Sans quoi, la parole perd son sens.

 

Les Ecritures présentent successivement trois lois : La loi de Moïse, la  loi de la grâce et la

loi de la liberté. Moïse transmet à Israël la loi reçue de Dieu, la loi de la grâce est accordée

par Jésus-Christ, et la loi de la liberté est répandue dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Elles

peuvent apparaître, dans le temps, comme une succession de loi et de préceptes, produits d’

époques différentes sans liens apparents. Elles ne forment, en fait, qu’une seule et même loi divine. Une loi unique dans le monde par sa nature et sa présentation.

 

L’Eternel, ayant le droit et l’autorité pour lui, aurait pu promulguer sa loi avec la froideur habituelle au législateur. La puissance et l’autorité impressionnent plus que le rappel d’une libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude. » (Ex. 20:2)  Pourquoi Celui dont on ne prononce pas le Nom en Israël, tant il est saint, agit-il ainsi? La réponse de Moïse est précise: « Il a aimé tes pères, il a choisi leur postérité après eux, il t’a fait lui-même sortir d’Egypte par sa grande puissance. » (Deut. 4) Sa puissance se manifeste dans l’amour et s’il ordonne : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » c’est qu’il est réellement l’Unique, l’Absolu : l’Adonaï de toute la terre. 

 

Promulguée au long de l’Histoire de l’humanité, cette loi révèle le Créateur à ses créatures, régis et favorise une communion pouvant aller jusqu’à une intime relation. Cette révélation est progressive. Tout au long des Ecritures, l’Eternel se laisse découvrir au rythme de nos certitudes, de nos tâtonnements, de nos légitimes questions et de la compréhension de ses réponses. Au désir de l’homme, répond le désir de son Dieu : « L’Eternel est avec vous quand vous êtes avec lui; si vous le cherchez, vous le trouverez; mais si vous l’abandonnez, il vous abandonnera. » David l’a compris : « Mon cœur dit de ta part : Cherchez ma face! Je cherche ta face, ô Eternel! » (2 Chr. 15:2;  Ps. 27:8)

 

Aux paroles du prophète Esaïe : « Cherchez l’Eternel pendant qu’il se trouve; invoquez-le, tandis qu’il est près » Jésus répond : « Là où deux ou trois s’assemblent en mon nom, je suis au milieu d’eux ! » (55:6; Mat. 18:20) Il faut donc une révélation dans la communion ! Selon la promesse de Jésus : « Le Consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Du côté de l’homme, il faut que « Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse; ( ou abondamment) instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans votre cœur en vertu de la grâce. » (Jean 14:26 ; Col. 3:16)

 

« C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en peu de mots. » Il prie pour les Ephésiens « afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse, de révélation dans sa connaissance. Qu’il illumine les yeux de votre cœur afin que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, dit-il, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, qui se manifeste avec efficacité par la vertu de sa force. » (Eph. 3:3 et 1:19) Cette révélation nous

sera manifestée selon l’engagement de notre volonté, de notre désir de pureté et de notre persévérance. Soyons assurés que les incertitudes, les doutes, les dérapages pouvant être créés par notre ennemi commun, n’empêcheront pas le plan divin de se réaliser.

 

Encouragent ses disciples, Jésus dit: « Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous

ai annoncée. » L’enseignement qu’il donne rend pur, à condition de demeurez unis à lui,

comme il l’est à nous. Prenant l’exemple de la vigne : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. » (Jean 15:4) 

 

Les verbes désignent ici une responsabilité partagée. La nôtre : « demeurer attaché ! » Puis

 celle de Christ: « je demeurerai ! » Le grec emploie la préposition « en » pour indiquer le travail de l’Esprit-Saint à l’intérieur de la personne, sans lequel aucune relation n’est possible : « en  moi, en vous. » Nous reviendrons sur cette caractéristique de la nouvelle alliance : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » (Jean 15:4) La liberté du croyant qui a reçu du Fils aîné le pouvoir d’entrer dans la famille de Dieu, de vivre dans l’intimité du Père et de bénéficier de l’assistance de son Esprit. Libre de l’esclavage du péché, de la loi et de la mort qu’elle impose.

 

Comme preuve, une question : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1Cor.3:16) « Vous qui ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. » Mais « si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rom. 8:11)

 

Précédant nos techniciens, Dieu met déjà son GPS spirituel à la disposition du prophète Esaïe : « L’Eternel sera toujours ton guide ! » En plus, « Il rassasiera ton âme dans les lieux arides, il redonnera de la vigueur à tes membres, tu seras comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas. » David dit encore : « Il est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu, le sanctuaire des demeures du Très-Haut. » (Ps. 46) Mais ce fleuve est d’abord source ! Elle est cachée aux passants pressés ou aux promeneurs distraits. Trop souvent le murmure de la source qui deviendra rivière, fleuve de

de grâce et de vérité, nous échappe. Il est temps de redéfinir nos priorités ! 

 

Une loi pour vivre mieux

 

La loi fut placée d’abord dans la conscience humaine. Elle se révéla peut fiable. Selon Romains 5:13: Avant que Dieu ait révélé la loi à Moïse, le péché existait déjà dans le monde, mais, comme il n’y avait pas encore de loi, Dieu ne tenait pas compte du péché. Puis, écrite au Sinaï, 430 ans après l’Alliance contractée entre Dieu et Abraham, elle devint le guide d’Israël. Sa présentation fit peur au peuple, sa rigidité l’impressionna. Bien qu’il soit sans cesse, ramené à la Personne du Seigneur par les prophètes.

 

Toute loi est, par définition, rigide, sa fonction étant de déterminer la faute et de définir la

peine encourue. La loi divine révèle le péché, le sanctionne et, indique à l’être humain de

quelle manière il doit la mettre en pratique afin de recevoir le pardon et d’honorer Dieu. La

déclaration de Jacques parlant du père des croyants, est formelle : la foi est supérieure à la loi. « Ainsi s’accompli ce que dit l’Ecriture : Abraham cru à Dieu, cela lui fut imputé à justice. » Il eut confiance en Dieu qui le considéra comme juste, compte tenu de sa foi.

 

Paul précise : « Ce n’est pas à cause de lui seul que cela est écrit, c’est encore à cause de

nous, à qui cela sera attribué ; à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur... » Et  encore cette affirmation de l’Eternel : « Mon Juste vivra par la foi ! » Mais le péché combat la foi, et la loi ne la donne pas. « La  loi est-elle donc contre les promesses de Dieu ? Loin de là ! S’il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. » (Gal. 3:321) Pour sortir de ce cercle infernal, il faut la grâce. C’est elle qui va permettre au Juge de pardonner au coupable et au coupable d’accepter le pardon.

 

Une loi pour le pardon

 

La grâce est une loi. Elle possède des règles strictes. Précisément parce qu’elle est la grâce, elle ne flatte pas le pécheur. Elle le place durement en face de miroirs réfléchissant sa culpabilité sa petitesse et ses incapacités morales. Elle ne le fait plus simplement en accusatrice ou en indicatrice, mais en réparatrice. Employant plusieurs moyens, dont celui du pardon, la grâce reconstruit. Les réalités de la grâce doivent entrer dans les réalités de notre vie quotidienne.

 

Il est nécessaire de mieux comprendre la grâce afin de ne pas rester prisonnier du légalisme de la lettre sans l’Esprit, ni dans aucun travers pouvant satisfaire « le vieil homme » ce personnage qui n’en fini pas de mourir. Romains 13:14 est un appel au combat : «  Revêtez-vous du seigneur Jésus-Christ et n’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. » Nous avons constamment besoin de la grâce pour nous garder libre, car c’est librement que nous acceptons de relever ce défit proposé. La grâce nous permet de connaître Jésus, l’efficacité de son nom et de son sang. La connaissance renouvelée de nous-même. Et le besoin que produit en nous l’Esprit nous rapproche. Ainsi se crée un lien d’affection toujours plus solide : relation librement consentie.

 

La doctrine du salut par la grâce, et par voie conséquence du pardon, est complètement inconnue des religions qui composent le Nouvel-Age. La grâce comme unique actrice du salut, selon les Réformateurs, est combattue par certaines Eglises, soumise à des obligations. Elle est contestée par les sectes et si mal comprise par trop de chrétiens qui cherchent à compléter le travail de Christ.

 

Il est écrit : « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ? » (Eph. 2:8) Il est donc inutile, même dangereux, de vouloir un « plus » qui ne serait finalement qu’un « moins » quant au salut. « La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ seul! La grâce est donc une lumière qui éclaire nos ténèbres, et nous révéler la justice dans l’amour. En Jésus-Christ, la miséricorde de Dieu triomphe du Jugement sans pour autant s’annuler l’un l’autre. Il faut être Dieu pour sortir de ce dilemme !

Il y a toujours de l’amour dans ce que Dieu fait pour ses créatures. Cette réalité échappe-t-elle à notre compréhension humaine lorsque ses jugements se manifestent sur la terre ? La première manifestation de son amour fut de chasser Adam et Eve du jardin des délices. De les éloigner d’une source de vie éternelle devenue dangereuse à cause du péché. Au cours des siècles, l’établissement de la loi ainsi que les nombreux appels à la repentance furent autant d’actes d’amour divin dont les réponses humaines furent décevantes et offensantes pour le Seigneur.

 

Plus d’une fois, les prophètes firent entendre les reproches d’un Dieu privé d’adoration ou d’un Père qui voit l’inévitable condamnation tomber sur ses enfants désobéissants : « Je vous ai aimés, dit l’Eternel. Et vous dites: En quoi nous as-tu aimés? … Un fils honore son père, et un serviteur son maître. Si je suis père, où est l’honneur qui m’est dû ? Si je suis maître, où est la crainte qu’on a de moi ? dit l’Eternel des armées à vous, sacrificateurs, qui méprisez mon nom, et qui dites : En quoi avons-nous méprisé ton nom? » (Mal. 1:2,6) 

 

Nous pourrions penser que ces reproches ne nous concernent pas puisqu’ils sont entendus au retour de la captivité à Babylone, après la reconstruction du temple de Jérusalem et de la reprise des cérémonies du culte. Dieu ne s’adressent-il pas aux sacrificateurs ? … Question : Ne sommes-nous pas sacrificateurs de Dieu en Christ, appelés à offrir des sacrifices d’adoration ? « L’heure vient, et elle est déjà venue, où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande » nous rappelle notre Souverain Sacrificateur. (Jean 4:23 - Cf. Héb.)

 

« Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. » (Héb13:15) La première confession n’est-elle pas la prière, la louange et l’adoration. Le livre de la Révélation commence par la louange « à celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des

siècles! Amen! » (Apoc. 1:6)

Une loi pour changer le monde

 

Le passage d’une loi à la suivante ne supprime en rien la première. Elles ne se contredisent pas, malgré les changements opérés. Christ nous le rappelle : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Mat. 5:17) Pour accomplir ce qu’aucune la loi ne peut réaliser, car il est écrit : « Néanmoins, sachant que ce n’est pas par les oeuvres de la loi que l’homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Christ et non par les oeuvres de la loi, parce que nulle chair ne sera justifiée par les oeuvres de la loi. » (Galates 2:16)

 

Pourtant, la loi de la grâce va être la loi de l’abolition du péché : « Maintenant, à la fin des siècles, il a (Jésus) paru une seule fois pour abolir le péché par son sacrifice. » (Hébr. 9:26)

La loi de la grâce sera la dure loi du sacrifice, non pas subi, mais voulu par l’Agneau de Dieu venu pour ôter le péché du monde. Au sujet de sa vie. Jésus dit : « Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. »  (Jn 10:18) L’ordre du Père qui abandonne un instant son Fils sali par mon péché, afin que, lavé dans son sang, je ne sois plus jamais abandonné. Loi de l’accomplissement : « Tout est accompli ! »

 

La justice du Juge et l’amour du Père, mais à quel prix. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, dit la loi, Jésus répond : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15:13) Ô mystère ineffable que ce cri d’amour qui traverse la Bible ! C’est lui le lien entre les alliances. Ce cri, longtemps préparé, ira en augmentant jusqu’à la croix, et s’entendra dans l’éternité en un chant de victoire repris par tous les rachetés d’une  voix forte : « L’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. » (Apoc. 5:12)

 

« La loi de la grâce » va ouvrir pour nous « la loi de la liberté » dont l’article premier est incontournable : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera ! » (Act. 2:38)

 

Mais cet appel touche notre cœur, notre conscience, et déplait à note orgueilleuse raison. Trop souvent, la propre justice parle ainsi : « -- Repentance ? Pardon ? Pourquoi faire ? Je ne suis pas plus mauvais qu’un autre ! Ces mots sont scandaleux ! Vous touchez à la vie privée des personnes ! Vous les traumatisez avec votre stupide histoire de croix. » Ce discours n’est pas nouveau « car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. » (1Cor 1:18)

 

Une autre puissance : se garder libre !

 

Nous entrons maintenant le domaine de la liberté en Christ avec ses lois bien précises. La loi de Moïse, la loi de la grâce et la loi de la liberté vont toujours à l’essentiel. Comme dans le passer, inspirés par l’Esprit de Dieu, les écrivains bibliques, nous ramènent à l’essentiel :

la recherche constante de Jésus le Messie, notre parfait Modèle. Empreinte vivante, donc naturelle de son Père, Jésus est surprit par la demande de son disciple. A Philippe, qui ne semble pas avoir discerné la Personne de son Maître, il répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu, a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père? » (Jean 14:9) Ce reproche, risque-t-il de nous être adressé ? Est-il possible de vivre en chrétiens sans se laisser connaître de Christ ? Comme de simples fonctionnaires attachés à la Maison de Dieu ! Ce reproche pourrait-il devenir pour quelqu’un, une condamnation irrévocable : « Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. » (Lc 13:27)

 

Aux disciples déstabilisés, de l’Eglise de Corinthe, Paul ordonne: « Examinez-vous vous-même pour savoir si vous êtes dans la foi. Eprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? A moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. » (2 Cor.13:5) Parce que la liberté divine à de salutaires limites, parce que notre Père ne nous laisse pas errer dangereusement, il nous appartient à tous de veiller sur tous. « Veillez à ce

que nul ne se prive de la grâce de Dieu » d’aucune manière que se soit ! « Veillez et priez,

afin que vous ne tombiez pas en tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible !

Veillez donc, priez en tout temps, dit Jésus, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui arrivera, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. » ((Marc 14:38-Luc 21:36)  

 

Il est inutile de dresser devant vous une liste des dangers sociaux, économiques, politiques, familiaux, religieux encourus par votre libre- arbitre et vos libertés Qui peut se prévaloir de ne craindre ni séductions, ni pressions, ni manipulations ? En finalité, la liberté n’est-elle pas un danger pour elle-même ? La liberté humaine que le monde offre est précaire. « C’est pourquoi nous devons d’autant plus nous attacher aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d’elles. » Veillons !

 

Se garder libre est une affaire de conscience, de raison et de volonté. « C’est pourquoi, écrit Paul, je m’efforce d’avoir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les hommes. » (Act.24) Ce qui fait sa gloire et son honneur « c’est ce témoignage de notre conscience, que nous nous sommes conduits dans le monde, et surtout à votre égard, avec sainteté et pureté devant Dieu, non point avec une sagesse charnelle, mais avec la grâce de Dieu. » (2Cor.1:12) Les sentiments ne sont pas anesthésiés. Ils se manifestent par le Saint- Esprit et sous son contrôle. « En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. »  (Luc 10:21)

 

Avant lui, son cousin Jean a fait cette expérience.  « Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein, et elle fut remplie du Saint-Esprit. » (Luc 1:41) Les Ecritures notent que, dans le monde, même les peuples, ne possédant pas la loi de Moïse, montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en rendant témoignage, et  leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. » (Rom.2:15)

Cependant, il est évident que personne n’y parviendra d’une manière satisfaisante par ses propres forces physiques, morales ou intellectuelles, car Dieu déclare : « Ce n’est ni par la

puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit, dit l’Eternel des armée » que ces choses sont possibles. (Zacharie 4:6)

 

Le témoignage de la conscience doit être appuyé par le Saint-Esprit. « Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par le Saint-Esprit. » dit Paul. « Je ne me sens coupable de rien ; mais ce n’est pas pour cela que je suis justifié. Celui qui me juge, c’est le Seigneur. » A Timothée, il écrit: « Le but du commandement, c’est une charité venant d’un cœur, d’une bonne  conscience, et d’une foi sincère. » Donc, « celui que je t’adresse, Timothée, mon enfant, selon les prophéties faites précédemment à ton sujet, c’est que, d’après elles, tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. » La foi et la conscience sont étroitement liées. Comme un joyau dans son coffret ! (Rom.9:1 - 1Cor.4:4 - 1 Tim.1:5)

 

Cependant, lorsqu’il y a comme une distorsion entre foi et conscience, c’est-à-dire entre la parole et le témoignage, le danger de perte existe. « Cette conscience, quelques-uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. » (1 Tim. 1:19) A ce sujet, les dons de sagesse et de discernement sont précieux! Ne son sont-ils pas inséparables pour échapper à « l’hypocrisie de faux docteurs qui portent la marque de la flétrissure dans leur propre conscience ? » Un trait de caractère du cœur purifié. en voie de sanctification, c’est que « tout est pur pour ceux qui sont purs. » Par contre « rien n’est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules, leur intelligence et leur conscience sont souillées. » ! (1 Tim. 4:2 - Tite 1:15) 

Comment maintenir le cap ? La prière ! « Priez pour nous, demande l’auteur de la lettre

aux Hébreux et l’apôtre Pierre : « car nous croyons avoir une bonne conscience, voulant en toutes choses nous bien conduire… Ayant, en toutes circonstances, une bonne conscience, afin que ceux qui vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient couverts de confusion » (Héb.13:18 - 1 Pier. 3:16) « Priez pour moi, demande Paul, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire

connaître hardiment et librement le mystère de l’Evangile. » (Ephés. 6:19) Si les hommes de Dieu demandent la prière de l’Eglise, à combien plus forte raison en avons-nous besoin. « Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. » (Eph.6: 18) 

 

Priez sans cesse !

(1 Thes. 5:17) 

 

Est-il toujours fait bon usage de la liberté dans une société qui semble avoir perdu ses repaires ? Quelle est la valeur réelle de cette « loi de liberté » alors que nous lisons dans la presse que « les mesures anti-chrétiennes vont s'intensifier en Europe ? »

 

 

Dieu voulant, nous poursuivrons cette étude. Mais pour qu’elle ne soit pas le travail d’un seul, et « afin que nous soyons encouragés ensemble … par la foi qui nous est commune, à vous et à moi » comme l’écrit l’apôtre Paul à l’Eglise de Rome, voici une invitation au partage :

 

Roland de Siebenthal

14, Passage Baud-Bovy

1205 Genève

www.add-geneve.com

roland@add-geneve.com